Le costume populaire traditionnel

L'existence séculaire de certaines conjonctures sociales-économiques et culturelles zonales a créé, en Transylvanie, peu à peu, des zones ethnographiques avec une personnalité distincte dont les marques d'identification ont été mises en valeur par l'aspect différent du costume populaire local. Malgré leur structure fondamentalement unitaire, les costumes zonaux, qui appartenaient à la même ethnie, avaient des traits particuliers, qui les différenciait seulement dans la mesure où cela constituait un support identitaire, pour les communautés qui voulaient souligner leur personnalité distinctincte.

Les ethnies différentes, qui ont coexisté pendant des siècles, dans un certain territoire, ont augmenté leur tendance de se définir par des différentiations et par la mise en valeur des éléments spécifiques dans la structure de leur costume populaire, auxquels on attribuait une grande valeur identitaire. Evoluant à la longue, mais en conservant sa structure fondamentale, le costume populaire traditionnel a survécu en Transylvanie jusqu'à l'époque de l'industrialisation rapide (1960-1965).

Le costume populaire traditionnel

Le premier module contient des costumes populaires qui présentent le processus ci-dessus mentionné, à la fin du XIX-ème siècle. Les costumes d'un couple de Tara Făgăraşului (1) et celui d'un couple de Mărginimea Sibiului (2), ont des éléments communs mais aussi des différences importantes bien qu'ils appartiennent, tous les deux, à l'ethnie roumaine qui vit dans des zones confinées. Si le costume d'homme est ressemblant du point de vue structural (la veste fourrée sans manches était portée aussi dans la zone Mărginimea Sibiului), le costume populaire de femme était fortement différencié: la femme de Făgăraş portait sur la jupe păstura (une sorte de tablier), qui l'enveloppait presque complètement, avait une chemise discrètement brodée, de type transylvain, et, sur la tête, une sorte de coiffe (căiţa) avec une structure différente. L'appartenance du Pays de Făgăraş à la Valachie, pendant la première partie du Moyen Age, explique ces différences qui ont des anciennes racines historiques.

Les différences entre le costume de femme secuiesc (3) et les costumes roumains de femme, rangés à côté, l'un près de l'autre, sont encore plus frappantes: si les costumes roumains ont été fabriqués intégralement dans le foyer et ont été taillés avec des lignes droites, sans des pertes de matériel, le costume secuiesc contient aussi des matériaux achetés et certaines pièces sont ajustées d'après le corps, par l'utilisation du patron. Les influences du costume citadin, inexistentes dans les costumes roumains, donnent dans cette situation, la différence d'identité qu'on a voulue. L'accès aux matériaux et aux pièces de vêtement ayant un statut social supérieur a été facilité, au des Secui, par leur passé historique de petits nobles et de paysans libres avec des obligations militaires.

Le costume populaire traditionnel

Le deuxième module offre un autre exemple d'identité zonale exprimée par le costume populaire. Bien que Oaş et Maramureş soient des zones avoisinées et habitées, en grande majorité, par les Roumains, le couple de Oaş (4) est vêtu (à la fin du XIX-ème siècle) d'un costume plus ressemblant à celui porté par les Roumains de Crişana qu'à celui porté par les habitants de Maramureş, auxquels les habitants de Oaş sont avoisinés (5), datant de la même période. La différence est frappante, surtout en ce qui concerne le costume de femme, la robe blanche et le tablier en toile de ménage portés en Oaş, appartiennent à un ensemble structural différent de celui qui comprend deux tabliers (zadii-catrinţe), caractéristiques autant au Maramureş qu'aux zones roumaines de tout la Transylvanie historique. La pièce roumaine archaïque, portée dans les régions montagnardes, guba miţoasă, portée par les habitants de Maramureş peut être retrouvée aussi dans le costume de Oaş, peut-être comme réminiscence d'un fond archaïque commun.

Le costume populaire traditionnel

Le troisième module présente un cas intéressant de perméabilité au niveau de la fonction d'identification du costume paysan. Les deux costumes de femme appartiennent à des femmes vivant dans des communautés ethniques différentes (Roumains - 6, et Allemands -7) mais avoisinées géographiquement (Năsăud et Bistriţa). Bien que la communauté allemande de Bistriţa bénéficiât, dès le moment de la colonisation (le XIII-me siècle) d'un statut social-économique privilégié, dans le costume de femme allemand du début du XIX-ème siècle, on a adopté deux pièces de la zone de Năsăud, spécifiques pour les Roumains: le tablier (zadia-catrinţă) (différemment ornementé) et la veste fourrée sans manches, non taillée sur la poitrine, (pieptar nfundat) (évasée sur la taille d'une manière spécifique). Il n'est pas exclus que justement l'ancien statut de paysans libres privilégiés des Roumains de Năsăud ait rendu désirable pour les Allemands un tel contact culturel, même sur le pallier de l'identité, extrêmement sensible.

Le costume populaire traditionnel

Le quatrième module comprend des costumes populaires de la deuxième moitié du XIX-ème siècle, appartenant à un couple habitant dans la zone roumaine de Arieş (8) et à un couple de la zone hongroise de Călata (9). Les différences apparaissent au niveau des matériaux (que les Roumains se sont procurés, intégralement, dans leur propre ferme, tandis que les Hongrois ont procuré les matériaux, partiellement, du commerce), de la coupe (droite chez les Roumains, mais ajustée sur la taille, à certaines pièces de femme, chez les Hongroises), des techniques d'ornementation (des ornememnts tissus et brodés, chez les Roumains, des ornements appliqués et des plissés, à côté des broderies, chez les Hongrois), de la chromatique (vive, contrastante, au costume de femme hongrois, mais pondérée par le blanc, au costume roumain).

Il y a des différences structurelles majeures entre les costumes populaires d'homme; celui hongrois a une chemise courte et large, des pantalons larges, de steppe, tandis que le costume populaire roumain a une chemise longue et des pantalons étroits, de montagne. Le tabllier (zadia-ctrinţă) représente la marque identitaire du costume populaire roumain de femme, tandis que la jupe plissée, retroussée et accrochée à la ceinture (muszuly), constitue la marque identitaire du costume populaire de femme hongrois de la zone de Calata. La bure d'homme hongroise (szur), empruntée de l'Hongrie par l'intermédiaire des tailleurs d'Oradea et de Cluj, avait une fonction identitaire et cérémoniale bien accentuée.

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Le cinquième module contient des costumes populaires roumains de l'ouest et du sud de la Transylvanie datables de la fin du XIX-ème siècle. Les costumes que portent les deux couples proviennent de la zone Beiuş (10) et Ineu (11), ressemblant, du point de vue structural, plutôt aux costumes de Oaş qu'aux costumes de Transylvanie centrale. Les pantalons larges (izmene) et les chemises courtes des hommes, les robes et les tabliers en toile blanche portés par les femmes (qui ont remplacé, au début du XX-ème siècle, l'ancien tablier zadia - en laine, portée encore à Beiuş), même la coupe des certaines chemises de cette zone, mettent en évidence une aire occidentale du costume populare de Transylvanie, en contact avec les éléments spécifiques au costume populaire de l'Europe Centrale.

La présence du costume populaire de femme de la zone Cărbunari (12), à côté de celui de la zone de Pădureni (13), met en évidence la grande diversité des variantes zonales du costume populaire roumain. Tandis que le costume populaire de Cărbunari, qui a un tablier, un cordon en laine et une chemise aux manches droites, est apparenté, évidemment, au costume de la région avoisinée, Oltenia, le costume populaire de Pădureni diffère du costume populaire des autres régions de Transylvanie par les tabliers noirs, inégaux, par la présence de la ceinture plaquée avec de l'étain (balţul), par la broderie ample et compacte des manches de la chemise, par la forme du bonnet (ceapsa) et par le fichu long, blanc, accroché à ce bonnet.

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Le sixième module comprend des objets servant à couvrir la tête et des parures roumaines de femmes, étalées sur la poitrine, acrochées au cou ou à la ceinture, datables du début du XX-ème siècle: de petits bonnets (cepse) de Banat de différents types (14), des colliers en perles (lătiţare) acrochées au cou (15) et des cordons en laine pour marquer la taille (bete) (16), de la même zone, un collier en perles (zgardă) de Bihor (17), une couronne (murună) (18), portéee sur la tête par les jeune filles de la zone de Meseş, une voile (vălitoare) portée par les jeunes femmes de la zone de Târnave (19), des colliers en perles de Bihor et de Oaş (20).

Le septième module présente des coiffes allemandes, datables de la fin du XX-ème siècle: une sorte de chapeau ayant un cylindre et de gros rubans accrochée (partă) pour les jeunes filles (21) de Sura Mică, Sibiu, deux bonnets (cepse) du sud de la Transylvanie (22 Tohanul Vechi et 23 Cristian) et l'un du nord de cette région (24 Livezile, Bistriţa), deux boucles de ceinture en métal, décorées par des pierres précieuses (paftale) (25-26) et une ceinture (27) de Sibiu.

Le costume populaire traditionnel Le costume populaire traditionnel

Le huitième module comprend de petits bonnets roumanins (cepse) de la zone de Hunedoara (28, 29, 30 31) et de de Banat (32), des perles de Bihor (33, 34, 35) et de Jina (36-37), une ceinture à perles de Hunedoara (38), un collier fait des monnaies de Timiş (39), deux colliers en perles de Pădureni (40-41) et une ceinture avec des perles de Hunedoara (42).

Le neuvième module comprend des coiffes hongroises, de la fin du XIX-ème siècle: un petit chapeau avec des rubans (partă) pour les jeunes filles de la zone Călata (43), un bonnet pour le enfants de Rimetea (44), un petit chapeau avec des rubans (partă) pour les jeunes filles de Rimetea (45), des bonnets pour les femmes de Odorhei (46) et de Călata (47), un fichu de Rimetea (48).

Le dixième module présente deux mouchoirs de tête en toile de ver à soie du village Moeciu, la zone de Bran (49-50), datables de la fin du XIX-ème siècle.

Le costume populaire traditionnel Le costume populaire traditionnel

Le Rapport

Le Rapport d'évaluation du Musée Ethnographique de Transylvanie peut être consulté

Programme de visite

La section pavillionaire: Mardi - dimanche: de 9 h à 17 h; lundi - fermé.

Le Parc Ethnographique National "Romulus Vuia" - Fermé du 1-er novembre jusqu'au 30 avril.

Accès: lignes de bus 26, 27, 28, 30, 41, gare "Piata 14 iulie"