Les métiers artisanaux traditionnels

Les produits artisanaux utilisés dans les villages traditionnaux étaient fabriqués soit dans des ateliers ruraux soit dans des ateliers appartenant aux corporations citadines. Tandis que les matres artisanaux locaux étaient contraints par les corporations, par des réglementations juridiques, à se limiter d'utiliser seulement les matières premières locales et les techniques traditionnelles, archaques, les matres artisanaux corporatifs de Transylvanie avaient cultivé, pendant tout le Moyen Age, un contact permanent avec le milieu professionnel de leurs homologues de l'Europe Centrale, en bénéficiant de toutes les innovations techniques de cette période.

Puisque les corporations n'ont jamais réussi à obtenir un monopole total des métiers artisanaux, les deux catégories de matres artisans ont partagé, tacitement, le marché rural. Les artisans ruraux fournissaient aux paysans la plupart des produits d'usage courant, moins chers, pendant que les artisans corporatifs se sont imposés dans le secteur des outils en fer et dans celui des pièces avec du prestige social, domaines où la qualité supérieure passait sur le premier plan, malgré le prix très haut.

L'exercice d'un métier artisanal parallèlement aux activités agricoles communes, comme moyen pour compléter les revenus familiaux, et la spécialisation de quelqeues villages tout entiers dans certains métiers artisanaux (la poterie, l'industrie du bois et du fer, la pelleterie, la peausserie etc.) étaient des phénomènes caractéristiques pour le milieu des artisans ruraux de Transylvanie.

La poterie

Les metiers artisanaux

La poterie utilisée dans les villages de Transylvanie provenait des deux sources: du milieu des potiers groupés dans les villages spécialisés, qui vendaient aux marchés surtout de la poterie usuelle, non-émaillée, mais aussi du milieu des potiers appartenant à une corporation, qui fournissaient de la poterie, prépondéramment émaillée, décorative, mais aussi usuelle. La préférence pour certaines formes, techniques, motifs ou couleurs, a généré, durant le temps, des styles caractéristiques pour certains centres de potiers, appartenant à une corporation ou ruraux, ce qui a déterminé leur survivance même après la suppression des corporations.

Le premier module comprend de la poterie usuelle, non-émaillée et partiellement émaillée, datant du premier quart du XX-ème siècle. Le rayon inférieur de la vitrine contient de la poterie rouge, simple, non-émaillée, de tradition romaine, caractéristique aux centres roumains de Leheceni (1), Leleşti (2), Biniş (3) et de la poterie rouge, non-émaillée, polie avec une pierre, d'après une technique archaïque, caractéristique au centre roumain de Săcel (4). Le polissage de l'argile à l'intérieur et à l'extérieur du vase, avant la cuisson, renfermait les pores, diminuait la perméabilité des parois et amplifiait l'effet décoratif.

La technique de l'ornementation de la poterie, par l'engobage, est exemplifiée par une pièce provenant d'un centre mixte de potiers, hongrois et roumain, de Vadu Crişului (5). Sur le rayon du milieu on a exposé de la poterie noire, non-émaillée, polie avec de la pierre (comme technique, de tradition préhistorique), qui provient du centre roumain de Josenii Bârgăului (6). La couleur de cette poterie était obtenue par l'utilisation d'une technique particulière de cuisson des vases, qui imposait la fermeture des bouches de la four pendant la dernière phase du processus de la cuisson, déroulée dans l'absence de l'oxygène. Le rayon supérieur réunit de la poterie usuelle provenant des centres Baia-Mare, Baia Sprie (7), Târnăviţa (8), Obârşa (9) et Josenii Bârgăului (10) qui combine les avantages de la poterie non-émaillée (qui favorise la vaporisation et qui est moins chère) avec les avantages de la poterie émaillée (qui est plus résistante, plus imperméable et plus esthétique).

Les metiers artisanaux

Le deuxième module contient de la poterie émaillée, décorative, provenant des centres corporatifs. Sur le rayon supérieur et sur celui du milieu on a groupé de la poterie sgraphitée, d'influence byzantine, qui respecte, par exemple les centres de Valea Izei (11) et de Baia Mare (12), autant la gamme chromatique caractéristique (jaune et vert sur un fond blanc), que la structure plus aérée du décor. Bien que le centre de Vama (13) ait gardé le décor sgraphité, il a adopté une gamme chromatique où le rouge est primordial. A côté de la céramique de Vama on a exposé de la poterie émaillée du centre Târgu-Lăpuş (14). Finalement, sur le rayon inférieur, il y a de la poterie émaillée usuelle de toute la Transylvanie, qui contient des pièces usuelles, émaillées, de toute la Transylvanie (15), utilisées dans différentes occasions: des passoires, des pots au lait, des vases pour porter des plats sur les champs, des marmites pour cuissiner, des poêles à pieds pour l'âtre libre, un entonnoir pour le vin.

Les metiers artisanaux

Le troisième module de l'exposition comprend de la céramique émaillée des centres hongrois membres des coorporations de Zalău (16), Turda et Iara (17), Trois Chaises (Târgu Secuiesc) (18), Satu Nou (19), Ocna Sibiului (20), Odorheiu Secuiesc (21). Les cruches (pots à eau) hautes, utilisées d'habitude comme un décor et, seulement occasionnellement, pour boire du vin, ont été introduites en Transylvanie, de même que les les cruches aplaties bilatéralement, sur la filière allemande. La forme évasée de la gorge y a été adoptée ultérieurement, à la suite du contact avec les formes orientales et balcaniques des vases cn cuir. L'agglomération des motifs décoratifs phytomorphes et avimorphes, caractéristiques pour ces formes, mette en évidence les influénces du décor baroque, spécifique au centre et à l'ouest de l'Europe.

Les metiers artisanaux

Le quatrième module de l'exposition présente la reconstruction d'un âtre libre, avec des plaques céramiques émaillées fabriquées dans les centres hongrois Huedin et Almaş (22), des moules en bois pour les plaques céramiques (23), des plaques céramiques (émaillées et non-émaillées) des centres Huedin et de Secuime (24) et des plaques céramiques allemandes, du centre Bistriţa (25), toutes datant du XIX-ème siècle.

Les metiers artisanaux

Le cinquième module de l'exposition comprend de la céramique habane de XVII-ème et du XVIII-ème siècles, fameuse à l'époque pour la qualité toute à fait spéciale de l'exécution et pour le raffinement du décor figuratif. Les potiers Habans (une secte anabaptiste de Moravie) ont été colonisés en Transylvanie, entre 1621-1629, étant placés à Vinţu de Jos. Connaisseurs d'une technique céramique supérieure et d'une ornementation caractéristique à l'Europe centrale et de l'ouest, les Habans ont donné un essor très important à la poterie de corporation, en Transylvanie, en influénçant le répertoire des formes, le style décoratif et la chromatique.

Sur le premier et sur le deuxième rayon on a exposé des canettes avec du couvercle métallique, décorées surtout par des motifs phytomorphes et floraux mais aussi par des motifs anthropomorphes et zoomorphes, sur un fond blanc (26) tandis que sur le deuxième et le troisième rayon on a exposé des pièces sur un fond bleu, réalisées du cobalt, et des formes cylindriques, caractéristiques pour l'Europe Centrale (27). Les cruches décorées par des scènes narratives situées sur le rayon inférieur (28) n'ont pas de correspondant dans la céramique de corporation de cette période. En échange, les cruches groupées sur le troisième rayon représentent, du point de vue stylistique, un passage vers la céramique décorative que ces corporations avaient ensuite commencé à fabriquer (29).

Les metiers artisanaux

Le sixième module présente la technique traditionnelle du modelage des pots, par des outils datables avant et après 1900: la pioche (30) pour extraire l'argile, la pelle (31) avec laquelle on la manipulait, le maillet utilisé pour omogéniser l'argile par frappement (32), des mezdrele (33) utilisées pour éloigner les impuretés, des boules d'argile propre, préparées pour le modelage (34), la roue du potier (35), un récipient de terre pour l'eau (36), des peignes pour modeler le profile de la vase (37), des assiettes avec des colorants (38), des pinceaux (39), des cornets pour réaliser le décor (40).

Les metiers artisanaux

Le septième module de l'exposition comprend de la poterie allemande du XVIII-ème au XIX-ème siècle, fabriquée dans les centres de corporation de Bistrita (41), Saschiz (42), Chirpar (43), Sibiu (44), Brasov (45) et Satu-Nou (46). Chaque centre se distingue par un style propre, la qualité des matériaux (la pâte et la glaçure) et de l'exécution étant impécable dans toutes les situations. La sgraffitation, le fond de cobalt et le dessin élégant, en blanc, imprime un spécifique à part au centre de Saschiz, tandis que Chirpar se remarque par des formes élégantes de ses cruches, Sibiu par son décor aéré, élégant, et Brasov par la richesse baroque du décor.

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L'usinage du bois

Les artisans des villages ont dominé le marché rural dans le domaine de l'usinage du bois, grâce à l'abondance de la matière première de qualité et aux possibilité de suppléer, par expérience communautaire séculaire et par adresse personnelle, l'équipement technique supérieur des artisans corporatifs. Il y avait des villages tout entiers spécialisés dans la charpenterie, dans la menuiserie, dans la fabrication des vases en bois, des échandoles, dans la vannerie, mais aussi des artisans isolés, qui vendaient leurs produits seulement dans leurs villages où ils habitaient.

Les metiers artisanaux

Le huitième module présente le métier de l'usinage du bois, en exposant les suivants outils datables avant et après 1900: l'égone pour couper le bois (47), le pic (48), nécessaire pour la manipulation des troncs d'arbres non coupés, la hache pour dégrossir les poutres (49) et la corde pour leur alignement (50), la hache pour effectuer les finissages des surfaces dégrossies (51), la chaise pour corroyer le bois (52), utilisée pour immobiliser la pièce en bois qui allait être travaillée avec des couteaux spéciaux de différentes formes exposés sur le râtelier (53), le compas multifonctionnel (54), la mesure, pour les douves des récipients en bois (55), dinătoarea (56), avec laquelle on polissait l'intérieur des vases en bois, le crochet pour tracer des cercles (57), le perçoir (58) pour percer, horjul (59), pour faire des rainures, l'herminette (60), pour creuser, et jilăul (61), utilisé pour polir les surfaces planes.

Les metiers artisanaux

Le neuvième module présente deux techniques différentes du travail artistique du bois qui étaient utilisées, pendant le XIX-ème siècle, dans le monde rural de Transylvanie. Le portillon de Maramureş (62) a été exécuté en bois de chêne et représente le motif sculpté de la corde, étant organisé d'après une structure géométrique archaïque (la lettre "X", des cercles), pendant que l'armoire avoisinée (63), issue d'un intérieur allemand, est exécutée en bois de sapin par un matre corporatif et est décorée par la techique de la peinture: Elle contient des motifs décoratifs insipés du répertoire artistique citadin.

Les metiers artisanaux

Dans le dixième module de l'exposition, on peut retrouver les techniques d'ornementation par peinture ou incision, datables avant et après 1900. Le rayon supérieur contient un récipient pour le sel (66), et des aromates (67) et des gourdes pour transporter des liquides (68), décore par peinture, pendant que le rayon inférieur contient des botes pour des rasoirs (69) et des pinces pour les noisettes (70), décorées par des motifs géométriques incisés. Les récipients du rayon situé au milieu (des gourdes et des récipients utilisés pour moudre et conserver le poivre) ont été réalisés par la technique du travail au tour (71-72).

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L'usinage des métaux

L'onzième module de l'exposition est dédié à l'exemplification de l'usinage du fer. A la différence du forgeron de chaque village, qui se contentait de modeler le fer (en état brut ou celui provenant des outils déjà usés) par forgeage, les forgerons des villages spécialisés (Trascău, Bihor) avaient, en plus, les connaissances techniques nécessaires pour obtenir le fer du minerai.

Les metiers artisanaux

Le module comprend les suivants outils, datant de la fin du XIX-ème, utilisés pour obtenir et usiner le fer: une pioche de mineur (73), un boisseau pour mesurer le minerai (74), un soufflet de forge pour augmenter la température dans l'âtre (75), une grosse tenaille (76), pour manipuler les tourteaux (pains de fer), une enclume et une masse (un frappe-devant) (77), pour modeler le fer surchauffé, fixé avec les tenailles (78). On a exposé les phases de la fabrication d'une bêche (79) tandis que la hache exposée (80) est la preuve d'un produit fini qui porte la marque de l'artisan.

Les metiers artisanaux

Le douzième module de l'exposition est structuré en trois groupes thématiques. Le premier rayon comprend des produits réalisés par les artisans forgerons: des supports en fer, en forme de cheval (81), nécessaires pour soutenir les bûches qui brûlaient dans l'âtre libre et, utilisés en paire, pour soutenir les marmites où l'on cuisinait, des petits étriers pour la selle (82) et des crampons pour la chaussure (mâţe), utilisés pendant l'hiver (83). Le deuxième rayon comprend des pièces qui présentent l'usinage paysan de l'étain (le coulage en matrices, incrustation) dans la zone de Pădureni et des produits décoratifs finis, spécifiques pour cette zone: une poêle (tigaie) pour fondre l'étain (84), des matrices en pierre (85), pour les boucles de ceinture et pour des éléments décoratifs utilisés pour les ceintures, une matrice en bois pour les toupies des fuseaux (86), des fuseaux avec des incrustations (87), des couteaux et des ganes avec des incrustations (88), des ceintures plaquées avec des éléments d'étain (89). Le rayon inférieur réunit des pièces utilisées pour l'extraction de l'or du minerai: une duda pour la conservation des mèches nécessaires pour déclencher les explosions (90), une duda pour fixer les bougies utilisées dans les galéries (91), une corne pour la conservation de la poudre (92), deux petites lampes paysannes (opaiţe), qui fonctionnaient avec de l'huile ou du suif, utilisées dans les galéries (93), des cornes pour la conservation de l'or (94), une balance pour la pesée de l'or et une mesure de capacité pour l'or (95).

Les metiers artisanaux

Le treizième module présente, en détail, la modalité par laquelle on obtenait l'or du souterrain, dans les Montagnes Apuseni, en présentant le foret (sfredelul) pour trouer la roche (96), en la frappant avec une sorte de marteau (vântălăul) (97), fuituitorul, pour nettoyer le trou par lequel on déclenchait l'explosion (98), les aiguilles de mine, utilisées pour introduire la mèche dans le trou (99), la gaîne pour conserver la poudre (100), la pioche pour détacher les grosses pierres (101), le marteau (puşca) pour broyer les grosses pierres (102), des marteaux (pălăcrău), pour broyer la pierre (103), la meule pour le minerai (104), le şaitroc pour séparer l'or du stérile, par le lavage (105). Au centre on a exposé la maquette d'un bocard, actionné hidrauliquement (106).

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La pelleterie et la peausserie

Le quatorzième module présente des vestes fourrées sans manches, exécutées par les pelletiers de différents centres de Transylvanie, avant et après 1900, et met en évidence la strucutre et la modalité de leur décoration. Le rayon supérieur contient une veste fourrée roumaine de la région de Sibiu (107) qui a une coupe qui représente la plus ancienne modalité d'utiliser la fourrure de mouton pour habiller le tronc: on pliait verticalement la fourrure, ensuite on découpait au milieu un morceau pour le cou tandis que les flancs étaient fermés, l'un était coussu tandis que l'autre était prévu avec des martingales. Ce type de veste fourrée, utilisée en Transylvanie spécialement par le Roumains, qui l'appelaient pieptar înfundat, peut être retrouvée, dans une variante particulière, ayant les bas échancrés, aussi chez les Allemands (108). L'ornementation de la fourrure avec de la laine ou de la soie, par une broderie réalisée avec des aguilles spéciales, est exemplifiée par l'échantillon palcé au centre, sur le premier rayon (109) et par une bourse qu'on a exposée (110), tandis que l'ornementation du cuir par matriçage, pratiquée par les artisans Allemands, est exemplifiée par le matrices en bois qu'on a exposés sur le rayon central (111).

Les metiers artisanaux

Dans la vitrine on a exposé aussi des vestes courtes, ouvertes sur la poitrine, exécutés sur commande, dans le centre roumain de pelletiers Sat-Sugatag (112) et dans les centres hongrois Săvădisla (113) et Mera (114). Le rayon inférieur présente le cahier d'un artisan pelletier, avec des modèles (115), un patron (116) et des instruments en fer utilisés pour découper et percer les mèches en cuir d'agneau qui garnissaient les toulupes (117).

Les metiers artisanaux

Le quinzième module présente des outils d'entre-deux-guerres utilisés pour la pelleterie des fourrures de moutons (scafa, un couteau spécial avec lequel on nettoyait le cuir, juste après l'arrachement de la fourrure cuir (118), une chaise prévue d'une lame de faux, utilisée au même but (119), un crochet pour allonger la fourrure (120), un outil spécial (tiglici) pour allonger la fourrure sur la rame (121), une bûche (122) pour étirer les bonnets de fourrure et des outils pour la pelleterie des cuirs de bovinés: une raclette pour les cuirs (123), des tranchets pour les bottiers (124), un riflard pour lisser le cuir (125) et un autre outil, pour lisser le cuir pour les bottes (126).

La séparation des pelletiers (qui utilisaient les fourrures de mouton) des peaussiers (qui utilisaient des cuirs de bovinés) a été imposée par les caractéristiques différentes de ces deux maitères premières. La technologie de l'usinage du cuir de bovinés étant plus complexe, les pelletiers étaient plus nombreux que les peaussiers dans les villages. Les deux catégories étaient fortement concourues par les artisans de corporation.

Les metiers artisanaux

Le seizième module contient des pièces d'usage individuel, exécutées par les pelletiers à la fin du XIX-ème siècle et au début du XX-ème siècle: deux ceintures larges pour les hommes, ornementées par matriçage, par broderie et l'application des petits clous métalliques, une ceinture mince, ferrée (plaquée) avec des boutons en cuivre jaune (129), des besaces en cuir pour les bergers, décorées avec des appliques en cuivre jaune et des bandes minces en cuir tressées (130-131), deux ganes pour les couteaux (131-132), des bourses pour l'argent (134, 135, 136, 137, 138) ou des blagues à tabac (139). La préférence qu'on a accordée aux ornements en cuivre jaune s'explique par leur résistance à l'oxydation pendant leur fréquente exposition aux intempéries. Le rayon inférieur contient un fouet fait des bandes minces en cuir tressées (140) et deux alênes (141), utilisées pour percer les coupons en cuir de bovinés utilisés par les hommes pour fabriquer les sandales portées par les membres d'une famille paysanne (opinci).

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L'industrie textile paysanne

La fabrication par les femmes, dans le foyer, de tous les tissus nécessaires pour la famille, constituait un trait caractéristique pour l'ancien village de Transylvanie. Puisque, dans une ferme paysanne, on passait par toutes les étapes d'un procédé technique complexe (la cultivation et l'usinage du chanvre et du lin, la fabrication et l'usinage de la laine, le filage et le tissage), on a utilisé, pour ce phénomène, le terme d'industrie textile paysanne, terme qui, malheureusement, ne mettait pas en évidence justement son aspect particulier, c'est-à-dire le fait que les produits finis étaient destinés, presque en exclusivité, à cette famille et non pas à la vente.

Les metiers artisanaux

Le module, qui exemplifie le processus technique ci-mentionné, est divisé en plusieurs secteurs. Le premier secteur (le dix-septième) comprend des outils avec lesquels on manufacturait la matière première (le chanvre ou la laine) pour la transformer en fils: la la teilleuse, pour teiller les tiges de chanvre (142), des grosses brosses avec des dents en fer, utilisées pour séparer les fibres des restes ligneux (143), des peignes pour nettoyer la fillasse et pour enlever les poils de la laine (144), des peignes pour carder la laine (145) et des quenouilles (146), l'une qui a une quenouillée en chanvre et l'autre une quenouillée en laine.

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Sur le podium du deuxième secteur (le dix-huitième) on a exposé des outils nécessaires pour la préparation des fils pour le tissage, à commençer avec fusarul (147), un support pour le fuseau à l'aide duquel on déroulait le fil enroulé sur le fuseau pour l'enrouler ensuite sur le travouil (148) ou sur les dévidoirs (149) de différents types, et en terminant avec l'oudissoir (150), sur lequel on mettait en ordre les fils avant de les fixer sur le métier à tisser. Au centre de ce secteur on a groupé des outils qui mettent en évidence quatre techniques archaques d'utilisation des fibres textiles: răsuca, pour tordre les cordes (151), la fourche pour tresser des ganses (152), le séparateur pour les cordes, nécessaire pour le tressage des cordes (153) et războieşul, un séparateur spécial pour les cordons en laines, la forme primaire du métier à tisser (154). Le panneau central réunit de pièces utilisées dans le même contexte technique ayant, comme élément commun, le décor riche, explicable par leur fonction sociale supplémentaire: elles étaient des cadeaux offerts par les jeunes hommes aux jeunes filles qu'ils courtissaient: des fuseaux (fuse - 155, des navettes pour porter les fils - 156, des pièces en bois - tindeici - dont le rôle était d'étendre la toile tissée à la main pendant le tissage - 157, des anciennes unités de mesure pour la longueur des tissus - coturi - 158). De même on y a exposé un pinceau avec lequel on graissait les fils avant de tisser (159).

La fonction sociale des quenouilles (utilisées comme cadeaux pour les jeunes filles), à part la fonction pratique, explique leur décoration riche. Elles sont exposées dans deux modules séparés par une niche qui contient une quenouille qui a une structure décorative complexe.

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Le dix-neuvième module (à gauche) contient des quenouilles attachées à la ceinture paysanne en laine, groupées d'après le critère morphologique: une série dérivée d'un bâton simple, arrondi, où l'on a mis en évidence l'axe qui soutient la quenouillée (160), une autre série, dérivée du bâton auquel on a laissé des rameaux médians, courbés (161), et une dernière série qui contient des pièces plates auxquelles on a amplifié l'axe médian, du point de vue décoratif, par des ailes amples, richement décorrées (162). Utilisées pour tordre la laine en plein air (pendant la surveillance du bétail ou même en marche), les quenouilles ont été mentionnées par plusieurs voyageurs étrangers pendant l'époque médievale, comme un élément inhabituel, dans un contexte qui soulignait l'adresse de la paysanne Roumaine.

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Le vingtième module (à droite) de l'exposition comprend des quenouilles utilisées par les femmes chez elles, des pièces dont l'évolution morphologique ressemble à la précédente jusqu'à un certain point (faites par des branches simples - 163 - ou ayant un axe médian formé par des branches épargnées - 164), une forme nouvelle étant la quenouille courte, fixée dans un support servant comme une semelle sur laquelle la femme s'asseyait, pour fixer la quenouille contre une chaise, pendant qu'elle tordait (165). Les autres quenouilles, plus longues, étaient fixées entre les genoux, étaient appuyées contre une poutre ou étaient introduites dans un oriffice situé sur la bordure du banc sur lequel la femme s'asseyait. Incisé, entaillé ou chantourné, le décor des quenouilles roumaines contient, presque en exclusivité, des motifs géométriques, tandis que les quenouilles hongroises ou allemandes contiennent aussi des motifs phytomorphes, encochés ou peints.

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Le Rapport

Le Rapport d'évaluation du Musée Ethnographique de Transylvanie peut être consulté

Programme de visite

La section pavillionaire: Mardi - dimanche: de 9 h à 17 h; lundi - fermé.

Le Parc Ethnographique National "Romulus Vuia" - Fermé du 1-er novembre jusqu'au 30 avril.

Accès: lignes de bus 26, 27, 28, 30, 41, gare "Piata 14 iulie"